Animaux prédateurs et déprédateurs
• Renard
• Loup
• Chat forestier
• Lynx
• Blaireau
• Martre des pins
• Fouine
• Putois
• Belette et hermine
• Rat musqué
• Ragondin
• Corvidés
• Grand cormoran
Le renard roux
(Vulpes vulpes)
Ordre : Carnivores
Famille : Canidés
Statut, répartition
Espèce classée nuisible.
Espèce présente sur tout le département. L’espèce figure pour l’année 2005 sur la liste des espèces classées nuisibles dans le département excepté sur le canton de Nozeroy et quelques communes limitrophes (zone expérimentale sur le programme campagnol). Il est classé nuisible au titre de la prévention des dommages aux activités agricoles et aquacoles, pour la protection de la faune et dans l’intérêt de la santé publique notamment du à l’échinococcose.
Abondance, évolution
Il n’y a pas de suivi spécifique réalisé en faveur du renard. Les densités de renards varient suivant les milieux et certains facteurs tels que les maladies ou la pression de régulation.
Les seules données dont nous disposons sur l’abondance du renard proviennent d’une étude réalisée en Petite Montagne, les estimations de densité qui ont peu varié au cours de la période d’étude (1998/2005) sont d’environ 1.8 renards/km2 avec des variations suivant les Vallées (1.6 à 2.48 renards/km2). Cette étude à permis en outre « de mettre en évidence une population de renard en Petite Montagne supérieure à de nombreux autres sites du Nord et de l’Est de la France » (cf. référence ci-dessous).
D’autres sources d’information nous renseignent sur l’abondance de l’espèce, localement ou au niveau départemental : Indices d’Abondance nocturnes, prélèvements. Le prélèvement départemental comprend celui effectué durant la saison de chasse, les captures par piégeage, les prélèvements par tir de nuit des lieutenants de louveterie.
Dans le cadre du réseau mortalité extra cynégétique en 2004, 223 fiches ont été rédigées. Dans 92% des cas, la mort est le résultat d’une collision automobile.
Source : FDCJ – Bilan campagne de piégeage 2003/04
Habitat
Il est présent dans tous les types de milieux (ouvert, semi-ouvert, fermé), mais également à proximité des milieux urbains, zones industrielles.
Gestion cynégétique
Pour chaque région naturelle du département, des comptages par IKA nocturne ont été mis en place pour le lièvre. Sur chaque circuit les renards sont recensés.
Intérêt cynégétique
L’espèce est peu chassée, sauf en fin de saison, des battues sont alors orientées sur cette espèce. En plaine des battues spécifiques sont effectuées afin de réguler l’espèce et protéger les espèces de petits gibiers mais dans la plupart des cas les prélèvements de renards sont réalisés sans qu’il n’y ait une recherche spécifique de l’animal.
Trois équipages de déterrage sont agréés dans le département.
Problèmes, menaces et enjeux
L’espèce n’a aucun prédateur, et les prélèvements effectués permettent de limiter la prédation sur la faune sur certains secteurs, notamment sur des zones à petit gibier. Ils peuvent également contribuer à résoudre des problèmes locaux de prédation sur les espèces domestiques. Outre ces problèmes, les densités de populations doivent être maîtrisées dans l’intérêt de la santé publique puisque le renard est porteur de maladies transmissibles à l’homme (zoonoses).
Dans la plupart des régions du département, comme cela a été démontré en Petite Montagne, les prélèvements effectués n’induisent pas de baisse notable des populations.
Les partenariats existants
Le renard s’intègre dans la problématique régionale du campagnol terrestre. Prédateur de ce micro mammifère, il fait l’objet au même titre que tous les autres prédateurs d’un suivi dans un programme intitulé ROPRE. Au niveau sanitaire, un suivi avec l’Entente interdépartementale de lutte contre la Rage et les Zoonoses est également en place afin d’établir une cartographie des populations porteuses de l’échinococcose.
Sources bibliographiques
ONCFS : Fiche technique n° 31
DDAF 39 : Evolution des prélèvements
FDC 39/ONCFS (2005) : Suivi des populations de renard en petite Montagne de 2000 à 2005.
Le loup d’Europe
(Canis lupus)
Ordre : Carnivores
Famille : Canidés
Statut, répartition
Espèce protégée.
Le loup qui avait disparu de France en 1940 a réapparu dans notre Pays à partir d’animaux arrivant d’Italie au début des années 90. L’observation de deux loups dans le Parc National du Mercantour en 1992 marque le début de cette recolonisation.
Abondance, évolution
Depuis 1992, les effectifs de l’espèce s’accroissent favorisant son expansion géographique. On le trouve sur différents massifs de la chaîne alpine et dans les Pyrénées, des contacts ont été authentifiés sur le Massif Central. En 2003 des indices de présence ont été recueillis dans le département de l’Ain, à moins de 20 km de notre département.
En 2005, le loup est présent de façon permanente sur 15 Zones de Présence Permanentes (ZPP) du massif alpin et vraisemblablement dans le Carlit dans les Pyrénées Orientales. Sa présence n’a pas été confirmée dans le massif jurassien.
La zone la plus proche du massif Jurassien se situe en Belledonne (départements 38/73).
C’est le réseau national « grands carnivores » piloté par l’ONCFS qui suit le loup.
Habitat
Espèce très plastique on retrouve le loup dans une grande variété de milieux, sous tous les climats, en plaine comme en montagne.
Problèmes et menaces pour l’espèce, enjeux
Les ORGFH rédigée de manière consensuelle ont établi le constat suivant : « Le retour du loup dans les espaces où il était absent est un bon indice sur la richesse et l’équilibre des écosystèmes montagnards mais il apparaît comme une contrainte pour l’activité pastorale qui assure l’entretien des espaces montagnards ouverts. Depuis longtemps, les grands prédateurs et les hommes se côtoient sur des territoires montagnards. L’expérience montre que l’acquisition des connaissances sur la biologie de l’espèce et sur son comportement est primordiale pour l’acceptation de l’espèce ».
Le retour du loup suscite des interrogations et il modifiera dans des proportions qui restent à évaluer les équilibres proies-prédateurs. Il est vraisemblable que le loup arrivera prochainement dans le Jura et l’impact du loup sur les ongulés sauvages suscite des questions. Le chevreuil, aujourd’hui en déclin, devra supporter une mortalité supplémentaire qui s’additionnera aux autres facteurs.
Le plan d’action national loup 2004-2008, et les règlements européens (Convention de Berne, Directive habitats) prévoient de garantir le statut de conservation du loup en même temps qu’ils donnent la possibilité de contrôler les populations.
Dans le cadre de ce plan national loup, les chasseurs du Jura souhaitent, si cela s’avérait nécessaire, être associés aux éventuelles décisions d’actions de régulation que l’Etat engagerait. A terme, les chasseurs demandent qu’un principe de gestion accompagne l’idée d’une présence de l’espèce sur le massif du Jura. Une concertation doit être engagée avec les acteurs concernés par la présence de cette espèce et pour cela ils demandent à participer à tout groupe de réflexion régional qui se mettrait en place à ce sujet.
Bibliographie
ONCFS (2005). Bulletin d’information du réseau Loup.
ORGFH de Franche Comté (2005)
Le chat forestier
(Felisx silvestris)
Ordre : Carnivores
Famille : Félidés
Statut, répartition
Espèce protégée.
Le chat forestier, ou chat sauvage, se rencontre dans presque tout le département à l’exception de quelques communes du Haut-Jura, il est considéré comme rare ou absent au-dessus de 1000 mètres d’altitude et dans la région du Finage où l’habitat ne favorise pas sa présence.
Cette répartition a été établie par l’ONCFS (François Léger) au cours d’une enquête réalisée auprès des professionnels de la chasse à la fin des années 1990.
Abondance, évolution
La répartition de cette espèce n’a semble-t-il pas évolué de manière importante depuis une quarantaine d’années. Il est rare sur Le Finage et la Haute Chaîne du Jura, ailleurs il peut être rencontré partout. Son abondance n’est pas homogène, les secteurs les plus riches se trouvent sur le Premier Plateau et dans le Nord du Département (Forêt de la Serre) et il se raréfie suivant un gradient attitudinal. Dans le Haut Jura, où jusqu’à présent il était plutôt considéré comme présent de manière sporadique, J.Pierre Prost (ACCA de Prémanon) l’a rencontré plusieurs fois en 2005 : sur le Bois de Ban à Prémanon, sur le Risoux et à La Vattay (01).
Globalement, il serait même plus abondant aujourd’hui qu’à une époque plus ancienne où il était considéré comme rare parfois (si l’on se réfère à certains témoignages écrits ou oraux, Ogérien 1863). D’après Jean Mornico, cité par François Léger « le chat sauvage était rare dans la Vallée de l’Ain au cours des années 1950, puis il a été capturé plus abondamment au cours des années 1960 (15 à 20 par an). Les densités auraient tendance à diminuer depuis 1985/1990 ».
Comme chez de nombreuses espèces, la densité de chats forestiers évolue dans le temps. Les raisons sont sans doute multiples, plusieurs facteurs peuvent être avancés mais il n’existe pas d’études pouvant le démontrer.
Habitat
C’est dans les régions au taux de boisement élevé que l’on trouve le chat forestier. Une continuité forestière importante lui est nécessaire même s’il fréquente des milieux diversifiés. On l’observe très souvent dans les prairies de nuit mais aussi de jour.
Problèmes et menaces pour l’espèce, enjeux
L’espèce peut être considérée comme étant dans un bon état de conservation à l’échelle du département. La question concernant le risque d’hybridation avec le chat domestique fait l’objet d’une étude réalisée par l’ONCFS, pour cela la FDCJ collabore à la collecte des cadavres de chats sauvages victimes de collision avec les automobiles. Ces collisions sont nombreuses, « sur 73 km d’autoroute entre Dole et Beaune, A. Joveniaux a compté 43 chats forestiers écrasés en quatre ans » (ONC-notes techniques n°105).
Les partenariats existants
La Fédération départementale des chasseurs du Jura a contribué à la réalisation de l’enquête sur la situation du chat forestier dans le Jura (François Léger 2003). Elle participe à la collecte de cadavres de chats forestiers victimes de collisions avec les automobiles pour une étude génétique pilotée par l’ONCFS.
Bibliographie
ONCFS (1986). Note technique n° 105
Léger F. (2003). Observations sur la situation du chat forestier (Felis silvestris) dans le département du Jura (ONCFS).
ROPRE (2004). Observations du réseau, Conseil Régional /FRC /GNFC /ONCFS.
Le lynx d’Europe 
(Lynx lynx)
Ordre : Carnivores
Famille : Felidés
Statut, répartition
Espèce protégée.
Le lynx a recolonisé le Massif Jurassien suite à des lâchers effectués en Suisse, le premier indice de présence recueilli date de 1974, la première photo de 1989.
Aire de répartition du Lynx en Franche Comté. Période 2000-2002
Source : Réseau Lynx - ONCFS
Abondance, évolution
Le Lynx est présent dès les premiers contreforts du Revermont jusque dans le Haut Jura. A l’échelle du versant français du massif jurassien, l’aire occupée par l’espèce augmente, elle passe de 7000 km² en 1997-1999 à un peu plus de 8600 km² en 2000-2002 (soit environ 23% d’augmentation relative). Un nouveau bilan établi par le réseau « grands carnivores » sera réalisé à la fin 2005, il devrait confirmer l’augmentation de la surface occupée à l’échelle régionale.
Habitat
La présence du lynx est semble-t-il, premièrement conditionnée par l’existence de vastes massifs forestiers, avec suffisamment de caches et d’abris lui permettant d’exercer son mode de chasse, l’affût. La présence d’ongulés en densité suffisante est le deuxième élément important. Il montre une grande tolérance vis-à-vis de la présence humaine, à partir du moment où il trouve des lieux et des périodes de tranquillité pour la chasse, le repos diurne et l’élevage des jeunes.
Problèmes, menaces et enjeux
L’espèce est suivie par le réseau national « grands carnivores » piloté par l’ONCFS. Au niveau départemental la coordination est assurée par la DDAF. Des correspondants locaux (ONCFS, ONF, FDCJ…) sont en place, ils renseignent des fiches types pour chaque observation visuelle, proie sauvage, domestique ou empreinte après vérification ; ceci permet de suivre son aire de répartition. Sur le massif du Jura la population est considérée comme durablement installée car l’aire occupée et les nombreux cas de reproduction connus semblent témoigner d’un effectif et d’une démographie garantissant un statut de conservation favorable. La population jurassienne de lynx est la plus importante population française, les ORGFH ont défini comme un enjeu régional « la pérennisation de la présence du lynx dans le massif jurassien ».
Le lynx est un prédateur des chevreuils et chamois, et à ce titre il peut avoir un impact important sur ces ongulés. Une étude conduite dans le Jura (principalement sur le Canton de Vaud en Suisse) évalue la prédation sur les ongulés : les groupes familiaux ont le plus fort taux de prédation. Ils prélèvent un ongulé tous les 5.0 jours, comparé à une moyenne de 6.2-6.6 jours pour un lynx isolé.
Dans le cadre des ORGFH, une réflexion sera engagée sur la faisabilité d’une étude de la capacité d’accueil des milieux en terme de disponibilité alimentaire et d’abris pour le lynx dans le massif jurassien, son impact sur la faune sauvage sera également analysé en concertation avec les CNERA Cervidés-Sanglier et Prédateurs et Animaux Déprédateurs (FRC, FDC, ONCFS).
En raison des dégâts que certains individus peuvent engendrer sur les cheptels domestiques une autorisation de destruction de l’individu en cause peut être accordée suivant le protocole établi par le ministère. En Suisse, pays signataire de la convention de Berne, des autorisations de tir sont accordées dans l’objectif de gérer les populations, ce qui pourrait être envisagé en France.
Lors d’une enquête réalisée par la FRC de Franche Comté auprès des détenteurs d’un droit de chasse, 75% des personnes qui ont répondu souhaiteraient plus d’informations sur l’espèce, notamment sur l’évolution des populations. 25% jugent que la prédation du lynx est importante sur la faune sauvage de leur commune, en raison du nombre de proies retrouvées sur le terrain.
Bibliographie
ONCFS (2003). Le lynx en région Bourgogne Franche Comté – Evolution et statut actuel –Analyse des données issues du Réseau lynx.
Fédération Régionale des Chasseurs de Franche Comté (2003). Le lynx dans le massif du Jura – Enquête auprès des responsables cynégétiques –
Molinari-Jobin Anja et al. (2002). Signifiance of Lynx lynx predation for roe deer Capreolus capreolus and chamois Rupicapra rupicapra mortality in the Swiss Jura Moutains - Wilde life biology vol 8 June 2002.
Le blaireau
(Meles meles)
Ordre : Carnivores
Famille : Mustélidés
Statut, répartition
Espèce gibier.
Le blaireau est implanté sur 95,4% des communes jurassiennes. L’espèce est en expansion depuis ces dix dernières années. Elle engendre d’importants dégâts au niveau agricole et poser des problèmes du fait de son activité de terrassement sur les digues, les piliers de pont, les routes, etc.
Source des infos
Enquête FDCJ auprès des Présidents d’ACCA en décembre 2002.
Abondance, évolution
Le prélèvement cynégétique annuel est faible, notamment en raison du rythme d’activité nocturne de l’espèce.
Dans le cadre du réseau de suivi de la mortalité extra-cynégétique 184 cas de blaireaux morts ont été recensés en 2003 et 209 en 2004. Les collisions avec les automobiles représentent 98 % des cas.
L’estimation du nombre de colonies (Enquête FDCJ Président ACCA 2002) a recensé au total : 2409 colonies.
Habitat
Le blaireau occupe des milieux très divers, son terrier se trouve principalement en milieu forestier, mais depuis plusieurs années des terriers apparaissent dans des cultures, dans les murgers, les talus de route, ou encore à proximité des habitations. Les facteurs qui favorisent l’implantation des terriers sont :
• Un sol meuble, facile à creuser,
• Un couvert végétal permettant une sortie discrète.
• Un éloignement relatif par rapport aux habitations.
• La présence de points d’eau à proximité.
• De bons sites d’alimentation.
Suivi et gestion
Il peut être chassé de l’ouverture générale à la fermeture générale, très peu de prélèvements sont effectués. Une période complémentaire est autorisée pour la vènerie sous terre du 15 mai à l’ouverture générale. Trois équipages sont agréés dans le département. Lors de dégâts constatés sur cultures, ou sur des infrastructures, la Préfecture autorise la destruction des individus par les lieutenants de louveterie. En 2005 49 arrêtés préfectoraux ont été pris en raison de dégâts sur cultures ou sur infrastructures.
Intérêt cynégétique
L’intérêt réside pour la vénerie sous terre, mais elle est très peu pratiquée à l’échelle du département.
Problèmes et menaces pour l’espèce, enjeux
L’espèce est prospère, et sa bonne santé au contraire crée des problèmes. Les plaintes pour dommages sur les biens ou pour des raisons de dégâts sur cultures sont de plus en plus nombreuses. Outre ces problèmes, de nombreuses collisions sont recensées avec l’espèce (n=190 en 2004). Au niveau sanitaire le blaireau peut engendrer des épidémies de tuberculose bovine sur le cheptel domestique.
En conséquence, des mesures visant à réguler les populations sur certains cantons sont à envisager. Depuis quelques années, les arrêtés préfectoraux autorisant le prélèvement des individus source de problèmes ponctuels sont pris ; s’ils permettent de résoudre un problème local, ils n’ont pas d’incidences directes sur l’évolution des populations.
Les sources de données, bibliographie
DDAF39 : Enquête tableau de chasse
FDCJ : Le blaireau dans le Jura – Etat des lieux – Année 2003
ONCFS : Fiche technique n° 32 Le Blaireau
La martre des pins
(Martes martes)
Ordre : Carnivores
Famille : Mustélidés
Statut, répartition
Espèce gibier.
La martre figure sur la liste des espèces classées nuisibles dans le département pour l’année 2005 au titre de la protection de la faune et de la prévention des dommages aux activités agricoles.
Abondance, évolution
Il n’existe pas de chiffres sur l’abondance de l’espèce. Les statistiques sur les prélèvements rassemblent les prélèvements réalisés à la chasse et les opérations de piégeage. Chacun d’eux représente environ 50 % du total des prélèvements. Depuis 2000 les prélèvements sont en légère augmentation.
Habitat
Les forêts de feuillus, conifères et mixtes sont ses habitats par prédilection. La martre est inféodée aux milieux forestiers, mais on peut la retrouver à proximité de lieux d’habitations.
Gestion cynégétique
Depuis 2002, les observations effectuées par le personnel du service technique de la FDCJ et par ses collaborateurs, sont enregistrées dans une base de données.
Intérêt cynégétique
Présentant très peu d’intérêt cynégétique, l’espèce est exclusivement piégée.
Problèmes et menaces pour l’espèce, enjeux
L’abandon de l’exploitation agricole et le boisement des zones sont favorables à la présence et au développement de la martre. L’espèce peut engendrer une prédation sur les tétraonidés, mais également sur toute la faune.
Une étude sur la dynamique d’une population de gélinotte des bois réalisée à Auzet (04) confirme la prédation exercée par la martre sur ce galliforme.
Bibliographie
ONCFS : Fiche technique n°33
Montadert M. / Léonard P. (ONCFS) 2003. Survival in an expanding hazel grouse Bonasa bonasia population in the southeastern French Alps.
La fouine 
(Martes foina)
Ordre : Carnivores
Famille : Mustélidés
Statut, répartition
Espèce gibier, elle figure pour l’année 2005 sur la liste des espèces classées nuisibles au titre de la prévention des dommages aux activités agricoles, et de la protection de la faune.
Abondance, évolution
On ne connaît pas l’abondance et les effectifs de fouine. Les prélèvements sont stables et ne montrent pas d’évolution. Ils sont principalement effectués par piégeage.
Habitat
Anthropophile, elle profite de la présence humaine en ce qui concerne son alimentation et son installation. On la retrouve principalement aux abords et à l’intérieur des villes ou villages, mais également dans les haies et bosquets.
Suivi et gestion
Depuis 2002, les observations effectuées par le personnel du service technique de la FDCJ et par ses collaborateurs, sont enregistrées dans une base de données.
Intérêt cynégétique
Présentant très peu d’intérêt cynégétique, l’espèce est exclusivement piégée.
Problèmes et menaces pour l’espèce, enjeux
L’espèce est présente sur tout le département du Jura, principalement piégée pour résoudre des problèmes locaux de dégâts dans les habitations (isolation, nuisances sonores, olfactives…), sur les volailles, mais également sur les zones à petits gibiers.
Bibliographie
ONCFS : Fiche technique n°35
Le putois
(Mustela putorius)
Ordre : Carnivores
Famille : Mustélidés
Statut, répartition
Espèce gibier.
Le putois est une espèce discrète rendant son observation difficile.
Habitat
Il est constitué des zones humides (rivières, ruisseau, marais…), mais on peut également le retrouver dans les zones boisées, les bocages, les abords de ferme.
Suivi et gestion
Depuis 2002, les observations effectuées par le personnel du service technique de la FDCJ et par ses collaborateurs, sont enregistrées dans une base de données.
Intérêt cynégétique
Très peu d’intérêt cynégétique.
Problèmes, menaces et enjeux
La raréfaction des zones humides peut avoir une influence sur les populations, ainsi que la disparition d’éléments paysagers (haie, bosquets…). Localement cette espèce peut engendrer une prédation sur le petit gibier, notamment le lapin de garenne.
Bibliographie
ONCFS : Fiche technique n° 30
(Mustela erminea et Mustela nivalis)
Ordre : Carnivores
Famille : Mustélidés
L’hermine et la belette
Statut, répartition
Espèces classées gibier.
Elles sont très discrètes et leurs observations restent difficiles.
Habitat
Très varié, aussi bien en plaine qu’en montagne avec une préférence pour les milieux ouverts, semi-ouverts. On peut les observer aux abords des habitations, sur les chemins, le long des murgers, des haies, et broussailles. Leur présence est liée aux petits rongeurs. L’hermine est plus sensible que la belette à l’absence d’éléments fixes du paysage (haies, …).
Suivi et gestion
Depuis 2002, les observations effectuées par le personnel du service technique de la FDCJ et par ses collaborateurs, sont enregistrées dans une base de données.
Intérêt cynégétique
Très peu d’intérêt cynégétique.
Problèmes et menaces pour l’espèce, enjeux
Ces deux espèces ont un rôle actif sur la prédation de petits rongeurs. Suivant l’évolution des populations de proies, la dynamique des populations de ces deux espèces suit la même tendance. La disparition des haies ou autres éléments fixes du paysage est défavorable à leur maintien. Localement, ces espèces peuvent engendrer une prédation sur le petit gibier et sur la volaille.
Bibliographie
ONCFS : Fiche technique la belette n°28
ONCFS : Fiche technique l’hermine n°29
Le rat musqué
(
Ondatra zibethicus)
Ordre : Rongeurs
Famille : Muridés
Statut, répartition
Espèce classée nuisible.
Le rat musqué est une espèce voisine du ragondin, il occupe le même habitat, milieu humide par définition, aussi bien les eaux libres que les eaux closes. Son aire de répartition est la même que pour le ragondin, avec cependant des niveaux de densité moins élevée.
Espèce exotique originaire d’Amérique du Nord, elle a été introduite par le biais des élevages pour sa fourrure. L’espèce figure pour l’année 2005 sur la liste des espèces classées nuisibles dans le département, au titre de la prévention des dommages aux activités agricoles et aquacoles, et dans l’intérêt de la santé publique.
Source : FDCJ – Bilan campagne de piégeage - Saison 2003/04
Abondance, évolution
L’espèce est surtout piégée. Les prélèvements sont moins importants que pour le ragondin ce qui reflète des densités de populations moins élevées.
Suivi et gestion
Le plan de lutte sur le ragondin avec l’intensification du piégeage et du tir a également eu un impact sur les populations de rats musqués.
Intérêt cynégétique
Très peu d’intérêt cynégétique.
Problèmes, menaces et enjeux
Les populations de rat musqué comme celles de ragondins doivent être maîtrisées, pour limiter les dégâts agricoles, ceux sur les digues d’étangs, mais également dans l’intérêt de la santé publique. La pression exercée par les piégeurs, comme la destruction par le tir doit être maintenue.
Les sources de données, bibliographie
DDEA 39 : Evolution des prélèvements de rats musqués.
Le ragondin
(Myocastor coypus)
Ordre : Rongeurs
Famille : Myocastoridés
Statut, répartition
Espèce exotique gibier, classée nuisible.
Le ragondin a été introduit par le biais des élevages pour sa fourrure, sa présence dans le département serait relativement récente.
Le ragondin est présent sur 41% des communes jurassiennes, principalement sur la partie plaine et Revermont. On le trouve également sur les Plateaux, rivières du Suran de la Valouse, et la rivière Ain en densité moins élevée. La première observation sur la rivière Ain a été faite en 2002 à Mesnois, puis en 2004 à Châtillon. L’espèce figure pour l’année 2005 sur la liste des espèces classées nuisibles dans le département, au titre de la prévention des dommages aux activités agricoles et aquacoles, et dans l’intérêt de la santé publique (leptospirose).
Abondance, évolution
En 1995, l’espèce était considérée comme rare ou occasionnelle sur le département (source : Enquête répartition du ragondin en France/Muséum National d’Histoire Naturelle). Les effectifs ne sont pas connus, ils peuvent évoluer sous l’effet des mesures de destruction (cf. tableau ci-contre) ou des effets du froid.
Un plan de lutte départemental a été mis en place en 2001
Source : FDCJ – Bilan campagne de piégeage Saison 2003/04
Habitat
Espèce inféodée aux milieux humides, le ragondin est présent sur les eaux libres, et les eaux closes. On le retrouve aussi bien dans les marais, les rivières, les fossés de drainage, les étangs et les « trous d’eau », les lagunages… Il creuse des terriers, ce qui peut engendrer des dégâts importants sur les digues, ou accentuer l’érosion des berges. Il est sensible aux longues périodes de froid, si l’eau est en glace, la mortalité peut être importante.
Gestion cynégétique
Un plan de lutte visant à maîtriser les populations a été mis en place en 2001 par la DDAF, avec un appui financier du Conseil Général, des syndicats de rivières… L’exécution et l’animation de ce plan sont confiées à l’Association des Piégeurs Agréés du Jura.
Intérêt cynégétique
L’espèce n’est pas spécifiquement chassée dans le département, aucun équipage de déterrage ne pratique sur le ragondin. Les chasseurs à l’arc affectionnent particulièrement cette espèce.
Problèmes, menaces et enjeux
Son taux d’accroissement est élevé, en moyenne une femelle produit 15 jeunes/an. Le ragondin qui est une espèce importée d’Amérique du sud n’a pas de prédateur. Un des seuls facteurs naturels qui puisse limiter son développement est le froid. La maîtrise des populations est indispensable pour limiter son impact sur l’environnement, mais également pour la santé publique. L’effort de régulation des populations par les piégeurs doit se poursuivre, et un suivi des populations doit être mis en place afin de connaître son évolution.
Les partenariats existants
Un plan de lutte a été mis en place à partir de 2001. Un comité de pilotage regroupe tous les acteurs de l’environnement (agricole, piscicole, cynégétique, naturaliste, administration, collectivités) concernés par cette problématique, il se réunit au minimum une fois par an afin d’établir un bilan annuel. En 2003 une étude sanitaire a porté sur la recherche de l’échinococcose alvéolaire et la fièvre hémorragique à syndrome rénal, les résultats sont en cours d’analyses.
Les sources de données, bibliographie
DDEA 39 : Evolution des prélèvements de ragondin.
ACTA : Le ragondin - Biologie et méthodes de limitation des populations.
FDCJ (enquête 2001). Aire de répartition du ragondin dans le département du Jura.
Laboratoire Départemental d’Analyses du Jura (2003) : Suivi sanitaire des populations de ragondins.
Le geai des chênes, la pie bavarde, le corbeau freux et la corneille noire
Les corvidés
(Corvus corone corone, Corvus frugilegus, Pica pica
et Garrulus glandarius)
Ordre : Passériformes
Famille : Corvidés
Statut, répartition
La Corneille noire, le Corbeau freux et la Pie bavarde sont toutes classées nuisibles.
Le Geai des chênes lui est classé gibier.
Espèces présentes sur tout le département à l’exception du Corbeau freux qui lui ne niche pas au-delà d’une altitude de 600 mètres.
A noter la présence du Grand corbeau (Corvus corvax), espèce protégée et nicheuse dans le Jura, non traitée dans cette fiche.
Habitat
Corbeau freux : Il affectionne les terres arables avec bocage et les périphéries des villes.
Pie bavarde : Habitat très varié, affectionne les haies et boqueteaux mais de préférence autour des activités humaines.
Corneille noire : Habitat très varié, affectionne les haies et boqueteaux mais de préférence autour des activités humaines.
Geai des chênes : Milieu forestier essentiellement.
Suivis et gestion
Aucun suivi n’est réalisé pour ce groupe d’espèces. Pour celles qui sont classées nuisibles, un bilan des destructions opérées par les Lieutenants de louveterie permet d’évaluer les demandes qui sont faites pour limiter l’abondance de ces espèces. Les Lieutenants de louveterie interviennent à la demande des agriculteurs, des particuliers ou de l’Administration.
Intérêt cynégétique
Les corvidés ne présentent pas d’intérêt cynégétique à l’exception du geai (intérêt moyen). Les prélèvements de ces espèces sont faibles hormis dans les zones où pour protéger le petit gibier, les chasseurs cherchent à limiter ces espèces, par la chasse ou le piégeage.
Les chiffres ci-dessous présentent le total des prélèvements (piégeage et destructions opérées par les Lieutenants de Louveterie) dont les « prélèvements cynégétiques ».
Problèmes et menaces pour l’espèce, enjeux
Le corbeau freux peut provoquer des dégâts importants sur les semis et causer des nuisances par ses cris ou ses déjections autour des corbeautières. La prédation exercée par la corneille noire et la pie peut anéantir tous les efforts réalisés par les chasseurs pour le développement du petit gibier, ces dommages s’exercent aussi sur les oiseaux de basse-cour.
Les partenariats existants
Les piégeurs, l’Association des Piégeurs Agréés du Jura et l’Association des gardes-chasse particuliers du Jura interviennent sur ces espèces par le piégeage et la destruction à tir.
Le grand cormoran
(Phalocrocorax carbo)
Ordre : Ansériformes
Famille : Phalacrocoracidés
Statut, répartition
Espèce protégée pouvant faire l’objet de mesures de régulation.
Considérée comme une espèce menacée à l’échelle de l’Europe dans les années 1970, le grand cormoran a été protégé dans tous les pays de la Communauté Européenne dans le cadre de la Directive Oiseaux de 1979.
Actuellement, les effectifs hivernants en France augmentent chaque année et puisqu’ils ont une incidence sur les exploitations piscicoles, le Grand cormoran fait dorénavant l’objet de mesures de régulation.
Abondance, évolution
Les premières observations régulières de grands cormorans hivernants dans le Jura date du début des années 1980. Au cours de l’hiver 1983/84, quinze grands cormorans ont hiverné sur la retenue de Blye.
Les dénombrements aux dortoirs ont permis de montrer une évolution importante des grands cormorans sur notre département (en moyenne un millier d’individus recensés en 2002 /2003). La diminution du nombre d’oiseaux lors des deux hivers suivants est due aux conditions météorologiques (gel) et à la vidange de l’étang Vaillant (où stationnaient près de 200 oiseaux précédemment). Sur le plan régional les effectifs croissent toujours.
Les oiseaux tendent maintenant à s’installer en été. Les premières observations estivales datent du début des années 2000, il a été observé sur l’Ain à Blye le 10 juin 2001. En 2005 il a été observé à Chalain mais aussi en Bresse à Chapelle Voland où 3 ou 4 oiseaux ont été vus.
Habitat
Le grand cormoran fréquente toutes les rivières et plans d’eau, en automne-hiver il a été observé sur la Serpentine dans le Val de Mièges.
Intérêt cynégétique
A l’heure actuelle, l’espèce est protégée donc sans intérêt pour la chasse, mais régulée par arrêté préfectoral par des personnes assermentées.
Problèmes, menaces et enjeux
La régulation du grand cormoran s’avère nécessaire pour différentes raisons. A cause de son impact sur les étangs piscicoles : prélèvements et blessures infligées aux poissons, pour les prélèvements occasionnés sur les salmonidés en rivière et pour le risque de transmission de maladies aux poissons.
Partenariats
La FDC collabore au suivi hivernal du grand cormoran avec l’ONCFS et le GNFC.
Bibliographie
Le Guide Ornithologique - Lars Svenson et Peter J.Grant, Delachaux et Niestlé
ONCFS, DER/CNERA - Enquête dortoirs cormorans sur le bassin Rhône.