Programme Prédateur Proies Lynx

 

Le Lynx, quelles interactions avec les populations d’ongulés jurassiennes ?

 

Lancement du Programme Prédateur-Proies Lynx dans le Jura et l’Ain pour répondre scientifiquement aux questionnements concernant la gestion de l’équilibre ongulés-environnement en présence du Lynx.

 

Depuis les années 1970, le Lynx boréal a fait son retour et s’est développé dans le massif jurassien à partir de la Suisse où il a été réintroduit.

 

Rapidement, la Fédération des Chasseurs du Jura (FDC39) a intégré le Réseau Loup-Lynx afin de mieux appréhender la prédation du Lynx sur ses proies principales que sont le Chevreuil et le Chamois. Ainsi, en 2012 la FDC39 a initié en partenariat avec les fédérations de l’Ain, du Doubs et l’Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage (ONCFS), une estimation des densités sur l’ensemble du Massif Jurassien (côté français) qui a permis de conclure à une fourchette comprise entre 0.7 et 1.9 lynx pour 100 Km², soit une population variant entre 108 et 173 individus sur l’ensemble du massif (ONCFS, 2014).

 

Parallèlement à la colonisation du département par l’espèce, les populations de Chevreuils et Chamois ont semblé marquer le pas malgré de nombreux efforts sur l’amélioration du suivi des populations et des plans de chasse. De même, les constats de chasseurs et usagers locaux se sont multipliés : fluctuation des densités d’ongulés, phénomènes de regroupements, etc.

 Lynx PPPL

Le lien entre ces variations de comportements et de dynamiques de populations de proies (Chevreuils et Chamois) et prédateur (Lynx) parait évident, mais est-il aussi direct ? N’est-il pas influencé par d’autres facteurs biologiques (liés aux changements climatiques) ou humains (activités touristiques, collisions routières, machinisme agricole, méthodes de chasses…) ? Comment appréhender ces phénomènes ?

 

Pour répondre à ces questionnements partagés par les chasseurs locaux, gestionnaires de la faune sauvage et la communauté scientifique, une étude unique en Europe débute pour une dizaine d’années dans les départements du Jura et de l’Ain.

 

Figure 1: Le piégeage photographique permet d’identifier et de distinguer les lynx

présents sur la zone d’étude grâce au pelage dont les motifs sont uniques pour chaque individu - Source: FDC39

 

 

 Un partenariat technique et scientifique pour répondre aux questionnements locaux

 

Pour comprendre les interactions entre la présence du Lynx et les populations d’ongulés, les FDC 39 et 01 se sont associées à l’ONCFS et au Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS) pour assurer cette étude largement financée par la Fédération Nationale des Chasseurs (FNC), les Conseils Départementaux de l’Ain et du Jura, le Conseil Régional Auvergne-Rhône-Alpes et les Directions Régionales de l’Environnement de l’Aménagement et du Logement (DREAL) Auvergne-Rhône-Alpes et Bourgogne-Franche-Comté.

 

Ce travail d’une dizaine d’années au moins (durée indispensable compte tenu de la longévité des espèces étudiées), sera mené sur deux sites d’étude situés dans le département de l’Ain et celui du Jura. Pour ce dernier, la zone choisie selon l’historique des variations de populations d’ongulés et la connaissance précise des Lynx grâce au piégeage photographique se situe à cheval sur les Unités de Gestion N° 16, 17, 21, 27 et 28, pour une surface de 210 Km² environ et 21 détenteurs de chasse.

 

Ce programme, qui permettra à terme de rendre compte de tous les aspects de la présence du Lynx dans le Massif Jurassien s’articule autour de 5 grands axes :

 

• Analyse de la perception du Lynx par les acteurs du territoire (chasseurs, agriculteurs, forestiers et grand public) ;

• Étude des variations dans l’espace et dans le temps de la pression de prédation exercée par le Lynx et de la pression de chasse ;

• Suivi et analyse des influences de la prédation par le Lynx et de la chasse sur la démographie des ongulés (taux de survie, densité, abondance…) ;

• Influence de la chasse et de la prédation par le Lynx sur l’utilisation de l’habitat par les ongulés (comment les ongulés adaptent leur façon d’utiliser le milieu face à la prédation et à la chasse ? Cela a-t-il des répercussions sur la régénération forestière ?) ;

• Étude de l’équilibre entre les populations d’ongulés et leur environnement dans un contexte de prédation par le Lynx et en présence d’une activité cynégétique.

  

Mesures PPPL

 

Pour ce faire, des ongulés (environ 30 Chevreuils et 30 Chamois) et des Lynx (environ 6 sur les deux départements) seront capturés et équipés de marquages visuels et GPS afin de suivre leurs interactions et leur répartition spatiale. Ces données seront confrontées à l’analyse des variations de pression de chasse dans le temps et dans l’espace, ainsi qu’aux évolutions des Indicateurs de Changements Écologiques (ICE) collectés sur toute la durée de l’étude en partenariat avec les chasseurs locaux et permettant d’étudier l’équilibre entre les populations d’ongulés et leur environnement.

 

 

Figure 2: mesures biométriques sur un chamois capturé grâce au soutien des ACCA locales - Source: FDC39

 

Finalement, ces efforts permettront à moyen terme de comprendre comment la prédation et la chasse influencent directement la dynamique des populations d’ongulés (survie des animaux), comment ceux-ci adaptent leur comportement face à ces doubles prélèvements (utilisation de l’habitat) et comment cela influence leur démographie (état sanitaire, reproduction …) et l’activité sylvicole (régénération forestière).

 

Carte PPPL

 

   

 

 

  

 

  

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