Ongulés
• Chevreuil
• Chamois
• Cerf
• Sanglier
Le chevreuil
(Capreolus capreolus)
Ordre : Artiodactyles
Famille : Cervidés
Statut, répartition
Espèce chassable, soumise à un plan de chasse.
L’espèce est présente sur l’ensemble du département. Plutôt rares dans la 1ère moitié du 20ème siècle, les effectifs ont régulièrement augmenté depuis. Aucun facteur ne limite son installation
L’espèce est soumise au plan de chasse, le chevreuil est bien suivi et de nombreuses données existent sur son abondance et ses prélèvements.
Abondance, évolution
Après avoir beaucoup progressé, la tendance actuelle est à la baisse des effectifs comme en attestent les comptages et Indices d’Abondance. Cette évolution constatée depuis le début des années 2000 est quasi générale à tout le département avec une tendance plus affirmée sur les plateaux. Conséquence de cette évolution, les plans de chasse baissent eux aussi.
Habitat
Le chevreuil est avant tout un animal forestier exploitant en priorité les fourrés et lisières. Mais doté d’une grande faculté d’adaptation, on le trouve dans tous les milieux et même en plaine céréalière comme dans le Finage.
Intérêt cynégétique et Gestion
45 % des chasseurs participent aux « chasses collectives aux chiens courants » c’est à dire au chevreuil ou au sanglier (cf enquête SDGC FDC 39 2003). Quand on interroge les chasseurs sur les espèces qui tiennent les premières places dans les ACCA, le chevreuil arrive en 1ère position juste devant le sanglier. Dans 31 % des ACCA du département le chevreuil est l’espèce la plus prisée.
Le chevreuil est l’espèce de grand gibier la plus prélevée, il est soumis à un plan de chasse ce qui explique que de nombreuses opérations de suivi sont mises en place pour gérer l’espèce (voir carte ci-dessous). Depuis la saison de chasse 2004/05 un plan de chasse « qualitatif » existe sur 1/3 du département. Il a pour objectif une meilleure répartition des prélèvements.
Les opérations destinées à suivre les populations de chevreuils sont nombreuses :
- Battues échantillons : 3 massifs forestiers,
- Indice Kilométrique d’Abondance (IKA) : 20 massifs pour 347 circuits tracés et 5550 km parcourus chaque année,
- Indice de Pression sur la Flore (IPF) : 3 massifs
- Suivi de la masse corporelle du chevrillard : 2 massifs
Suivant les unités de gestion, nous disposons d’un ou de plusieurs protocoles cumulés, c’est le cas pour les deux sites inclus dans un programme régional de suivi de l’équilibre faune flore, où sont impliqués l’ONF, le CRPF, l’ONCFS.
Problèmes et menaces pour l’espèce, enjeux
L’espèce s’est fortement développée grâce au plan de chasse, mais son abondance n’est pas toujours en sa faveur : le chevreuil est parfois déconsidéré si bien que des animaux blessés ne sont pas recherchés. Les fortes densités que l’on a pu rencontrer en Petite Montagne mais aussi sur certains massifs de plaine ont créé quelques inquiétudes chez les forestiers. Dans ces conditions les collisions sur les routes ont été aussi plus nombreuses. Autre conséquence
De cette forte densité, les risques de maladies ou de stress peuvent augmenter au moment de l’émancipation des jeunes, entraînant un affaiblissement des animaux favorisant le développement des parasites. Des phénomènes de densité-dépendance peuvent aussi apparaître et perturber la dynamique des populations.
Ces raisons expliquent que le plan de chasse a volontairement été important afin de limiter la progression de l’espèce. Aujourd’hui la population départementale est en baisse et l’objectif est de stabiliser les effectifs.
Les causes de mortalités hors chasse sont nombreuses. La prédation due au lynx et la mortalité engendrée par le machinisme agricole sont à l’origine de deux à quatre milliers de cas de mortalité/an. Nous enregistrons aussi des flambées de broncho-pneumonie localisées dont nous n’expliquons pas l’origine, les chevreuils sont affaiblis ce qui entraîne une mortalité dont l’importance est méconnue mais sans doute conséquente. Ces cas de mortalités ajoutés aux cas de méningo-encéphalite (due aux combats entre mâles) représentent la moitié des 83 chevreuils analysés par le LDA en 2001.
Les partenariats existants
La Fédération travaille avec les services de la DDEA et les représentants des propriétaires et gestionnaires forestiers pour la préparation des plans de chasse. Les gestionnaires forestiers, les membres de l’ACCS, de l’AJCGG et de nombreux chasseurs participent aux opérations de suivis. Le Laboratoire Départemental d’Analyses est très impliqué dans le suivi sanitaire de la faune et particulièrement en ce qui concerne le chevreuil. L’ACCS et l’AJCGG participent activement aux sessions de formation obligatoire pour les chasseurs qui souhaitent pratiquer la chasse d’été « à l’approche ».
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Le chamois 
(Rupicapra rupicapra)
Ordre : Artiodactyles
Famille : Bovidés
Statut, répartition
Espèce chassable, soumise au plan de chasse depuis 1981.
Apparue dans les années 70 depuis le département du Doubs et la Suisse, l’espèce a, grâce à des mesures de gestion adaptées, colonisé progressivement la totalité des sites favorables dans le département.
Source des infos :
Dès les premiers plans de chasse, l’espèce a été particulièrement suivie par la Fédération Départementale des Chasseurs du Jura. Différents outils on été mis en place, développés et adaptés…
Abondance, évolution
L’enquête réalisée en 2004 a permis d’estimer la population jurassienne à 2200 animaux. Les résultats et l’analyse des différentes enquêtes montrent une baisse des effectifs sur les noyaux les plus anciens (Haut Jura) même si la population départementale est en augmentation numérique grâce à son implantation sur de nouveaux secteurs géographiques. Voir cartes ci-jointes et rapport « Le chamois dans le Jura, Bilan de la saison écoulée et avis sur les populations » - mai 2005, FDCJ.
Habitat
Le chamois est spécifiquement attaché à une topographie qui satisfait ses exigences rupicoles. Il s’accommode de climats et de paysages végétaux très divers. Dans le département, la majorité des secteurs correspondants aux exigences de l’espèce sont colonisés.
Intérêt cynégétique et Gestion
Le chamois avec 365 attributions arrive en 3ème position des espèces soumises à plan de chasse. 150 ACCA sont attributaires d’un plan de chasse dans le département. Il s’agit d’une chasse individuelle pratiquée uniquement à l’approche ou à l’affût. Depuis l’année 2000 les prélèvements cynégétiques oscillent autour de 260 animaux, avec des attributions s’échelonnant de 340 à 410.animaux, et de fortes disparités entre les différentes unités de gestion.
Cette pratique nouvelle (malgré son apparition en 1981) sort du contexte de chasse traditionnelle aux chiens courants bien ancrée chez les chasseurs jurassiens. L’organisation dans les ACCA a permis à un grand nombre de chasseurs de découvrir cette chasse. On peut regretter que cette pratique et cette espèce emblématique ne soient pas considérées à leur juste valeur par l’ensemble des chasseurs concernés. Maintenant, il semble que l’organisation de cette chasse commence à évoluer permettant aux chasseurs de réellement pratiquer de l’approche et mieux connaître l’espèce. De nombreux pratiquants se sont spécialisés et en ont fait leur chasse de prédilection. Espérons que cette évolution gagne un plus grand nombre d’ACCA. C’est en tout cas un objectif pour la FDCJ qui s’appuie sur différentes formations proposées aux chasseurs (chasse à l’approche et en réserve) et qui sont obligatoires pour pratiquer.
Actuellement, un plan de chasse qualitatif jeune/adulte est en place sur le département. Le plan de chasse est composé de 50% de jeunes (chevreaux, éterlous, animaux dont la hauteur des cornes est inférieure aux oreilles) et 50% d’adultes (tous les animaux).
Problèmes et menaces pour l’espèce, enjeux
Sur les plus anciens secteurs de présence, le chamois s’est bien développé et logiquement, le plan de chasse a suivi cette évolution. Depuis deux ans, on observe une diminution, plus ou moins importante selon les zones, des populations et le plan de chasse a donc été à nouveau réajusté. Même si les capacités d’accueil des différentes unités de gestion n’ont pas été évaluées, les densités atteintes avant chute des populations constituent des repères intéressants. L’enjeu consiste à atteindre de nouveau ces densités et les maintenir tout en conservant des populations dynamiques.
Sur les plus récents secteurs de présence, la situation est beaucoup plus simple. Le chamois devrait se développer comme toute espèce en cours d’installation. Attention toutefois à l’impact économique notamment dans le région du vignoble.
L’équilibre population milieu est un objectif incontournable pour la gestion d’une espèce. Les nombreux suivis mis en place permettront de mener à bien cet objectif.
Les partenariats existants
La Fédération travaille avec les services de la DDEA et les représentants des propriétaires et gestionnaires forestiers pour la préparation des plans de chasse. Les forestiers, l’ONCFS, les membres de l’ACCS, de l’AJCGG et de nombreux chasseurs participent aux opérations de suivis. Le Laboratoire Départemental d’Analyses est très impliqué dans le suivi sanitaire de la faune. En matière de formation des chasseurs « à l’approche », L’ACCS et l’AJCGG participent activement à l’organisation des formations.
Un réseau de 28 contrôleurs regroupant le service technique de la FDCJ et de nombreux bénévoles passionnés et compétents permet le contrôle systématique des animaux prélevés.
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Le cerf élaphe
(Cervus elaphus)
Ordre : Artiodactyle
Famille : Cervidés
Statut, répartition
Espèce chassable soumise à plan de chasse
Trois noyaux de population existent : Le massif de Chaux, le secteur de Maisod, et le Haut Jura. Des observations attestent de sa présence occasionnelle autour de ces populations. Voir la Carte.
Abondance, évolution
La population de Forêt de Chaux a vu ses effectifs diminuer considérablement depuis les années 1995. Les opérations de dénombrement par affût et approche combinés ont fait état de plus de 800 individus sur le massif de Chaux dans les années 1980. Le dernier dénombrement (2009) fait état d'environ 276 animaux. Pour suivre cette population à la demande de Mme la Préfete un observatoire a été créé en fin d’année 2009.
La population de Maisod est considérée stable, avec 50 individus dénombrés au printemps 2009.
Dans le Haut Jura la situation est plus complexe. La population rayonne sur le canton de Vaud, de Genève, et le département de l’Ain. Elle adapte sa répartition en fonction des saisons, et de la rigueur hivernale. Lors de fortes périodes d’enneigement les cerfs se déplacent pour utiliser des zones avec moins de neige au pied du massif jurassien aux portes de Gex (01). Au printemps 2009 pour la population entière (constituée en partie des trois entités administratives : départements du Jura et de l’Ain, et canton de Vaud), 340 cerfs ont été dénombrés.
Evolution du plan de chasse départemental du cerf :

Chaque population est suivie par comptages aux phares durant le printemps. Des indicateurs de changement écologique sont relevés (poids, longueur des dagues, gestation biche bichette). Sur deux populations forêt de chaux et haut Jura, des relevés forestiers sont mesurés pour déterminer l’impact du cerf sur les ligneux. Des comptages aux brames sont organisés sur Maisod et le Haut Jura. Ces deux populations font l’objet d’un suivi transfrontalier avec la Suisse dans le cadre d’un projet interreg, intitulé suivi de la colonisation naturelle du cerf sur le massif jurassien. Les forestiers publics et privés, ainsi que l’ONCFS participent.
Evolution de la population du Haut Jura, suivie par comptages aux phares
Evolution de la population de Maisod, suivie par comptages aux phares.
Habitat
Il est présent dans les grandes zones boisées. Les zones de prairies et de cultures sont utilisées pour le gagnage.
Gestion cynégétique
Dans le secteur de Maisod, un GIC a été créé en faveur de l’espèce. Dans le Haut Jura
une AICA vient d’être nouvellement créée.
En raison du comportement grégaire de cette espèce, plusieurs mesures ont été
adoptées pour faciliter la gestion des populations :
• privilégier l’attribution à une AICA
• plan de chasse simple : catégorie mâle, daguet, biche, faon
Ces mesures ont pour objectif de faciliter la réalisation du plan de chasse.
Intérêt cynégétique :
L’espèce est appréciée par les chasseurs et l’intérêt porté sur les trophées est important. Elle est chassée essentiellement en battue mais elle peut l’être à l’approche et à l’affût. Les premières attributions dans le Haut Jura ont débuté durant le saison 2007/2008 avec au total 3 bracelets, attributions qui augmentent chaque saison.
Problèmes et menaces pour l’espèce, enjeux
Le cerf doit être suivi précisément pour maîtriser l’évolution de ses populations et atteindre un équilibre agro-sylvo-cynégétique.
Les partenariats existants:
• Mis en place de l’observatoire pour le massif de forêt de chaux, piloté par la DDEA
• Partenariat Franco-Suisse instauré dans le cadre du projet interreg sur le massif jurassien.
Sources bibliographiques
ONCFS : Fiche technique n°13
FDC39 : Evolution des prélèvements
Rapport final 2006-2008, interreg Suivi de la colonisation naturelle du cerf sur le massif jurassien, Novembre 2008
Synthèse observatoire cerf sur le massif jurassien, 4 mai 2009.
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Le sanglier 
(Sus scrofa)
Ordre : Artiodactyle
Famille : Suidés
Statut, répartition
Le sanglier est classé « nuisible » dans le département.
En 2003, l’espèce est présente sur l’ensemble du département et 80% des ACCA prélèvent au moins un sanglier.
Abondance, évolution
Les tableaux de chasse reflètent bien l’abondance et l’évolution des populations. En 2003, 3910 animaux ont été prélevés et 164 cas de mortalité extra-cynégétique ont été enregistrés par le réseau du même nom.
Habitat
Le sanglier s’étend sur l‘ensemble du département dans des milieux très variés. Le sanglier est l’hôte des forêts mais aussi des milieux denses et fermés. Il fréquente aussi les zones agricoles. Cet animal s’adapte énormément et la recherche de nourriture et la tranquillité sont des facteurs importants pour ses remises diurnes.
Gestion cynégétique
La gestion du sanglier consiste à rechercher un équilibre entre la densité que les chasseurs souhaiteraient développer et la prise en compte de paramètres tels que les dégâts agricoles. Il n’existe pas de comptage validé pour cette espèce, mais la présence du sanglier se traduit bien souvent dans le tableau de chasse même si ce dernier ne reflète pas exactement le niveau d’abondance de l’espèce. Il a été constaté (Vassant 1997) que les surfaces détruites par les sangliers correspondent globalement aux tableaux de chasse. Le suivi de la mortalité extra cynégétique donne également des informations sur l’évolution des populations.
Localement, sur deux secteurs de la vallée de l’Ain, une expérimentation est menée pour estimer les effectifs au printemps avec « des chiens de pieds ».
Les prélèvements sont libres et il est possible de chasser le sanglier de l’ouverture à la fermeture générale. La chasse à l’affût n’est pas pratiquée dans le Jura sauf pour limiter les dégâts sur les cultures agricoles en été : depuis 2005 « le tir d’été » possible à partir 1er juin a été instauré, il n’a concerné que 5 communes. L’ouverture anticipée et une fermeture retardée sont d’autres moyens possibles pour limiter les dégâts agricoles.
Il existe 4 Groupements d’Intérêts Cynégétiques en faveur du sanglier : Petite Montagne, Forêt de chaux, La Serre et L’Arne qui ont pour fonction d’harmoniser les règles de prélèvements entre les différents détenteurs et de lutter contre les dégâts aux cultures.
Intérêt cynégétique
Cette espèce, chassée en battue et aux chiens courants, est très prisée dans le département, et constitue, avec le chevreuil, le fond de chasse pour une majorité de chasseurs. La chasse d’été, à l’approche ou a l’affût, n’est pas pratiquée dans le Jura, les premières autorisations ont été données en juin 2005 dans le but de réduire les dégâts agricoles.
Problèmes et menaces pour l’espèce, enjeux
Le sanglier est une espèce très prolifique et l’enjeu avec cette espèce est plutôt lié à la maîtrise des populations nécessaires pour éviter la multiplication des dégâts. Les agriculteurs sont sensibilisés par la destruction de leurs récoltes et les chasseurs paient intégralement les indemnités versées par le biais d’une taxe sur le prix du permis de chasser. Pour ces raisons, un dialogue entre agriculteurs et chasseurs doit exister ; les actions de préventions comme la mise en place de protection sur les cultures et l’agrainage visant à réduire ses nuisances, doivent être soutenues pour le maintien d’un équilibre agro-cynégétique.
Les partenariats existants
La DDEA et les lieutenants de louveterie sont des interlocuteurs obligatoires lorsque des problèmes de dégâts sont à résoudre.
Pour le suivi de la mortalité extra-cynégétique, 14 partenaires sont signataires d’une convention permettant de recenser les cas de mortalité hors chasse.
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