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![]() La chasse dans le Jura
La chasse dans le Jura
Une dimension historique Sans remonter jusqu'aux époques reculées où les peuples néolithiques ayant colonisé les rivages de Chalain ou de Clairvaux, trouvaient dans cette activité un moyen de subsistance complémentaire à une agriculture naissante, la chasse a toujours fait partie des activités privilégiées des habitants de la terre jurassienne. Pendant près d'un millénaire, la richesse de la faune offerte par la plaine, les plateaux et la montagne fut réservée aux seuls princes possédant le sol. Mais la Révolution Française fit don de cette manne jusqu'aux plus humbles paysans. La chasse permit alors d'améliorer l'ordinaire et jusque vers les années cinquante, chasser permit aux villageois d'allier loisir à intérêt. Toutes les familles s'enorgueillissaient d'un chasseur, le père ou l'oncle, quand ce n'étaient pas les deux, et le fusil "Lefaucheux" était constamment à portée sur le rebord de la cheminée. Des étangs de Bresse jusqu'aux combes "ensapinées" des Monts Jura, le terroir jurassien a toujours offert une diversité des espèces chassables propre à satisfaire les chasseurs les plus exigeants.
Puis le développement du grand gibier favorisa l'émergence de groupes plus conséquents et mieux organisés. L'Association Communale de Chasse Agréée, présente de par la loi Verdeille de 1964 dans chacune des communes du département est souvent la seule dimension associative existant encore aujourd'hui dans le village et permettant contacts et relations avec d'autres habitants. Ainsi voyons-nous fréquemment des néo-ruraux passer le permis de chasser pour s'intégrer par le biais de la société de chasse locale. Ce sentiment d'appartenance à un groupe trouve également son expression dans le besoin qu'ont éprouvé les chasseurs d'avoir "pignon sur rue". Chaque ACCA jurassienne a érigé sa maison, de la plus modeste cabane au plus luxueux pavillon de chasse, presque toutes possèdent son lieu de rendez-vous. Les chasseurs y cultivent la convivialité dans le sens premier du terme, "capacité d'une société à favoriser la tolérance et les échanges réciproques", vertu par trop ignorée de notre monde moderne.
Le phénomène culturel La chasse a toujours nourri la pensée des artistes. Elle fut source d'inspiration et de création pour nombre d'entre eux. Qui mieux que Louis Pergaud dans son "Roman de Miraut" a su traduire la dimension culturelle de la chasse?
Une passion Si la chasse a aujourd'hui perdu toute fonction alimentaire, elle peut apparaître au non chasseur comme un loisir ou un sport. Mais c'est là méconnaître le caractère fondamental de cette activité. Le poids historique et culturel, le rapport du chasseur à l'animal sauvage, la fréquentation de la mort sont autant de facteurs qui distinguent fortement la chasse d'une simple activité de plein air. C'est cette confrontation permanente de l'homme et du monde sauvage auquel il veut imposer sa loi, cette volonté humaine de régner sur ce qui lui échappe qui font du chasseur cet être passionnel. Chasser, c'est pénétrer un monde mystérieux et pour le comprendre, devoir s'identifier à tout ce qui le peuple, aussi bien l'arbre de la forêt que les habitants de ses halliers. Chasser, c'est s'approprier cette liberté omniprésente dans la nature que le chasseur fréquente et dans laquelle il puise l'objet de sa passion.
Le chasseur, la mort et l'opinion publique Le chasseur est aussi celui qui tue et l'opinion publique, nourrie de visions angéliques de la nature avec toutes les dérives zoolâtres qu'elles impliquent et d'un anthropomorphisme effréné, s'offusque volontiers. La mort qui n'est, rappelons-le, qu'une partie de l'acte de chasse, renvoie le chasseur à ses instincts prédateurs. Symbolique de l'appropriation du caractère sauvage de l'animal, elle reflète toute la complexité de la chasse quand l'acteur ôte la vie à ce qu'il a le plus vénéré. Le rituel des honneurs n'est-il pas là pour permettre au chasseur de faire état de tout le respect qui est dû à l'animal de chasse qui n'a pas été abattu mais prédaté. Néanmoins l'incompréhension est grande avec cette société coupée de ses racines rurales car de plus en plus urbaine. Aussi la chasse doit-elle gagner en lisibilité dans toutes les valeurs dont elle est porteuse.
Un rôle économique non négligeable
La chasse de demain La sauvegarde des milieux, la biodiversité, pour ne citer qu'elles, sont autant de chantiers qui rassemblent et unissent. Aux chasseurs à démontrer combien ils sont partie prenante dans ces domaines. Leur capacité à gérer les populations en fonction des habitats n'est plus à démontrer, les plans de chasse témoignant d'eux-mêmes. L'implication scientifique des structures de la chasse doit faire la preuve que l'activité des chasseurs ne nuit pas à l'avenir des espèces. Le chasseur du XXIème siècle sera écologue ou ne sera pas.
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