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Avifaune migratrice

• Anatidés
• Caille des blés
• Vanneau, Courlis et Râle de genêts
• Bécasse des bois
• Bécassine des marais
• Pigeon ramier et autres colombidés
• Alouette des champs
• Turdidés

 

 


Les anatidés
Ordre :  Ansériformes
Famille :  Anatidés

 

Statut, répartition des canards nicheurs
Il faut distinguer la période de reproduction de la période hivernale au cours de laquelle plusieurs milliers de canards et de foulques séjournent dans le département.

La principale zone de reproduction est bien entendu La Bresse. En 2002 une étudiante, Céline Bernard, a recensé sur un échantillon de 42 étangs : 74 couples de Colverts, 19 de Fuligules milouins, 12 de Cygnes tuberculés, 5 de Chipeaux, 3 de Souchet, 2 de Sarcelles d’hiver, et 1 couple de Sarcelle d’été et de Fuligule morillon. Il a été dénombré 100 couples de Foulques macroules. Cet inventaire est représentatif de la richesse de la Bresse.
Ailleurs, et comme en Bresse, on rencontre essentiellement du Colvert, on dénombre aussi quelques dizaines de Fuligules morillons sur les lacs où quelques uns se reproduisent (Blye, Le Pasquier, Les Rousses), et quelques Fuligules milouins dispersés, et parfois nicheurs (Bief du Fourg).

 

Abondance, évolution des canards hivernants
 Le réseau d’observateurs ONCFS/FNC (réseau oiseaux d’eau et zones humides)  réalise des recensements d’oiseaux d’eau sur 98 entités majeures en France. Dans le département ces recensements sont réalisés par l’ONCFS et la FDC depuis 1983 sur cinq sites : Lac de Chalain, Retenues de Coiselet et de Blye, et les Réserves du Girard et de Champdivers sur la Vallée du Doubs.

A l’exception du lac de Chalain classé en site « d’importance nationale »  parce qu’il accueille le Garrot à œil d’or en nombre suffisant, aucun autre site jurassien n’entre dans cette catégorie. L’hivernage concerne principalement 4 espèces : le Canard colvert, le Fuligule milouin, la Sarcelle d’hiver et le Fuligule morillon. Les graphiques ci-joints représentent l’évolution du nombre d’oiseaux recensés sur les cinq sites références. 
Outre ces sites de référence, d’autres sites accueillent, suivant les années et les conditions météorologiques, un nombre plus ou moins important d’oiseaux : la Carrière de Desnes, les Etangs Vaillant à Chapelle Voland et de Vers sous Sellières, ou encore sur les rivières de l’Ain à Pont de Poitte ou sur Le Doubs.

 

Habitat
La présence d’eau libre est nécessaire mais elle ne suffit pas à rendre un site accueillant. Celui–ci se révèle plus ou moins favorable suivant la tranquillité, la physionomie et les caractéristiques du site (ceinture de végétation, profondeur d’eau, ressource en nourriture, prédation,…)

 

Problèmes, menaces, enjeux
Comme pour beaucoup d’espèces migratrices, on connaît mal l’importance des effectifs reproducteurs de l’ensemble du paléarctique occidental. Les efforts concernant la connaissance de la dynamique de ces populations d’oiseaux devront être renforcés.

 
Intérêt cynégétique
La chasse aux gibiers d’eau n’est pas la priorité des chasseurs jurassiens, néanmoins elle intéresse sans doute de plus en plus de chasseurs. Les prélèvements enregistrés concernent aussi des colverts lâchés et nous ne connaissons pas les prélèvements réalisés sur les étangs privés, les chiffres doivent être utilisés avec précaution. On peut caractériser la chasse au gibier d’eau de chasse occasionnelle ou complémentaire, elle se pratique à la passée et à la « relève » sur les étangs et cours d’eau.
 
Bibliographie
ONCFS, Suivis annuels des populations d’anatidés.
Bernard Céline (2002). L’étang, l’homme et l’oiseau, incidences des modes de gestion des étangs piscicoles sur les ceintures de végétation et l’avifaune nicheuse en Brenne, Bresse, Territoire de Belfort et Champagne humide.

 

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La caille des blés 
(Coturnix coturnix)

Ordre :  Galliformes
Famille :  Phasianidés

 

Statut, répartition 

Espèce chassable

La caille des blés se rencontre dans tous les milieux agricoles du département, elle peut occuper tous les « milieux ouverts favorables ». Espèce migratrice, elle arrive par vagues successives d’avril à juin et repart pour l’Afrique du Nord dès la mi-août. 

 
Abondance, évolution

Très commune, selon Ogérien (1863), au siècle dernier, la caille des blés a connu  une baisse importante de ses effectifs au début des années 1970 (Patrick Mur).  Les populations de cailles des blés sont sujettes à deux phénomènes « à la fois contradictoires et peut être complémentaires, la raréfaction constante de l'espèce et le caractère fluctuant des effectifs d'une année à l'autre » (Patrick Mur).

Le réseau national « oiseau de passage » en place depuis 1994, montre ce caractère très évolutif des effectifs. Les données obtenues dans le Jura dans le cadre du réseau national « oiseau de passage » montrent une évolution identique à celle enregistrée au niveau national.

 

Habitat

Les céréales sont très attractives pour la caille des blés, comme les jachères qui correspondent à l'habitat originel de la caille (groupements végétaux de steppes et de savanes). Elle fréquente aussi les prairies permanentes, en montagne notamment. 
 
Intérêt cynégétique et Gestion

Le tableau de chasse départemental n’est pas très bien connu, les déclarations annuelles des détenteurs de droit de chasse font état de quelques dizaines d’individus. L’enquête nationale sur les tableaux de chasse estime à 700 les prélèvements au cours de la saison 98/99 mais avec un intervalle de confiance supérieur à 50 %.
L’impact de la chasse sur les populations reproductrices parait minime, la majeure partie des prélèvements annuels sont réalisés sur les deux premiers weeks ends de septembre, bien au delà de la période de reproduction et bien après le début de la migration automnale.

 

Problèmes et menaces pour l’espèce, enjeux

Pour cette espèce sensible, la mortalité atteint 80% en fin de première année, le turn-over est pratiquement complet tous les deux ans. Le maintien et la survie de l'espèce sont donc largement tributaires du stock d'individus issus de la reproduction.

L’amélioration des conditions de nidification améliorera le succès de la reproduction. Pour cela la gestion des terres en jachères et des parcelles non cultivées doit prendre en compte les oiseaux qui nichent au sol. Mais ces mesures locales doivent se compléter d’actions conjointes et coordonnées, avec les Pays Maghrébins notamment, pour déboucher sur des mesures concertées de conservation.

 

Bibliographie

Joveniaux  A. (1993) - Atlas des oiseaux nicheurs du Jura, groupe ornithologique du Jura.
Mur P. (1994) - Contribution à la gestion paléarctique de caille des blés dans la phase européenne de son cycle annuel.
ONCFS Faune Sauvage n°251 (2001) - Enquête nationale sur les tableaux de chasse à tir saison 1998-99.

 

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Le courlis cendré, le vanneau huppé et le râle des genêts
(Numenius arquata, Vanellus vanellus et Crex crex)

  
Statut, répartition
Le courlis cendré et le vanneau huppé sont deux espèces chassables, le râle de genêts est protégé.
Ces trois espèces peuvent être regroupées sous la même dénomination  « d’oiseaux prairiaux ».
La répartition donnée est issue d’enquêtes réalisées au printemps 2004 par la FDC 39 pour les vanneaux et courlis et du GNCF sur la répartition régionale du râle de genêts (avec la participation de la FDC).

Les résultats, pour ces trois espèces, font état d’une répartition relictuelle et d’effectifs en forte baisse. 

 
Abondance, évolution
Par rapport aux données publiées par l’Atlas des oiseaux nicheurs du Jura en 1993, les effectifs actuels sont nettement en baisse pour les trois espèces. Ces résultats s’inscrivent dans une tendance constatée à l’échelle française.
Nota : en 1981, dans un rapport interne de la FDC 39 on peut lire « les vanneaux : peu nombreux et peu chassés en plaine. Effectifs nicheurs en augmentation très nette »
Nota : Pour le râle de genêts, la prospection 2004 n’a pas porté sur l’ensemble du département mais sur les sites potentiellement les meilleurs.

espèce Evaluation
1985-1992 Recensement
2004
courlis 300 couples 46 à 54 couples
vanneau 800 couples 21 à 28 couples
râle de genet 30  chanteurs moins de 10 mâles chanteurs 

 
Habitat
Ces trois oiseaux habitent les grandes plaines ouvertes où dominent les prairies naturelles humides. Le vanneau a pu s’adapter aux modifications de l’agriculture et occuper les semis de maïs mais la pauvreté en insectes et la destruction des nids et nichées (mécanisation et prédation) condamnent l’espèce à disparaître à terme.

 

Intérêt cynégétique
Le râle de genêts est protégé.
Le vanneau et courlis, migrateurs et chassables, supportent peu de prélèvements, ils ne sont pas recherchés par les chasseurs jurassiens. Suivant les enquêtes, moins de 50 vanneaux sont prélevés par an et très vraisemblablement aucun courlis cendré.
 

Problèmes et menaces pour l’espèce, enjeux
La baisse de productivité est le facteur majeur qui explique la régression du vanneau (J.Broyer 2002). Un programme « spécial de conservation et de gestion des prairies » devrait pouvoir être élaboré en concertation avec tous les partenaires concernés. Il est urgent de préserver les îlots relictuels de populations par la conservation de leurs habitats.

Si la régression de la population européenne de vanneaux n’est pas due à la chasse mais plutôt due à une baisse de productivité (Trolliet B. et Girard O. faune sauvage n°251), le principe de précaution doit conduire à un contrôle plus strict des prélèvements. Pour les chasseurs jurassiens concernés par les sites de reproduction, un retard de l’ouverture de la chasse jusqu’au début octobre, pourrait être un moyen pour « protéger » les jeunes vanneaux locaux peu farouches.
 
Bibliographie
Broyer J. (2002).- le vanneau huppé. Eveil nature éditeur naturaliste.
Joveniaux A. (1993)- Atlas des oiseaux nicheurs du Jura, groupe ornithologique du Jura.
ONCFS Faune Sauvage. N°251,  (2001) – Enquête nationale sur les tableaux de chasse à tir saison  1998-99
Perrin C./FDC 39. (2004) – Quel avenir pour les vanneaux huppés et courlis cendrés dans le Jura ?

 

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La bécasse des bois 
(Scolopax rusticola)
Ordre :  Charadriiformes
Famille :  Scolopacidés

 
Statut, répartition

Espèce chassable.

L'espèce est nicheuse dans le département. La nidification est régulière sur le Haut Jura et certains secteurs du deuxième plateau. Elle est occasionnelle sur le premier plateau et en Petite Montagne, elle reste exceptionnelle en plaine.
La carte représente les informations recueillies par la FDC de 1985 à 2005.
Elle est présente en migration sur l'ensemble du territoire départemental.

 

Abondance, évolution

La tendance enregistrée par suivi des mâles en période de reproduction montre une baisse du nombre de contacts dans le Jura, comme d’ailleurs à l’échelle de la France (voir § ci-dessous). Suivant les indicateurs mis en place par l’ONCFS la population Européenne serait elle stable.
 
Habitat
La bécasse peut se rencontrer dans des boisements divers, à condition d’y trouver des sols frais et riches en litière, avec un couvert ni trop dense, ni trop uniforme et des secteurs localement dégagés. Elle occupe ainsi indistinctement des forêts de feuillus ou de résineux. Elle a besoin également de zones plus ouvertes pour aller se nourrir à la tombée de la nuit.

 

Gestion cynégétique
Il n'existe pas à proprement parler d'unité de gestion pour les oiseaux migrateurs. Les carnets de prélèvements ne permettent pas de connaître avec précision les communes où sont effectués les prélèvements car ils portent l'adresse du chasseur et non pas celle du lieu de chasse. La mise en place du PMA est certes un premier pas, mais il faut le généraliser et rendre cette mesure nationale voir européenne.

 

Les suivis réalisés
Le réseau bécasse de l'ONCFS a mis en place une enquête pour le suivi de la croule. Elle a pour but de suivre l’évolution de la présence des oiseaux pendant la période de reproduction. On peut voir sur la carte ci-dessus les secteurs où des contacts ont été enregistrés.
Le suivi, qui s’appuie sur des indices d’abondance et non sur des dénombrements absolus, cherche à définir la tendance démographique des populations de Bécasse des bois. Une baisse des effectifs nicheurs apparaît au cours des 10 dernières années en France tout comme dans le Jura.

• dans le Jura (34 points d’écoute sont visités chaque année)
     
Intérêt cynégétique
La diminution du petit gibier sédentaire de plaine et la passion de la chasse au chien d’arrêt expliquent l’engouement toujours plus grand pour la bécasse. Cet oiseau encore plein de mystère, contribue au maintien du mythe de l’homme vainqueur de l’animal.
Les tableaux de chasse départementaux fluctuent en fonction de la reproduction et des conditions météorologiques rencontrées par les bécasses en migration et en hivernage.

Tableau de chasse du département du Jura.
 

Problèmes et menaces pour ces espèces, enjeux
Les prélèvements cynégétiques dans le département du Jura ne sont pas très importants à l’échelle nationale. Malgré tout, un fort intérêt pour cette espèce gibier se dégage. Sans doute les chasseurs jurassiens exercent-ils leur activité en grande partie sur les populations migratrices, mais elle repose aussi sur des individus autochtones. Une augmentation de la pression sur cette partie des populations de bécasses pourrait avoir un impact sur les effectifs nicheurs locaux. Une gestion cynégétique prudente des bécasses qui transitent ou se reproduisent dans le département devrait contribuer au maintien de ce capital faunistique.  
La diminution des reproducteurs et la pression de chasse grandissante (dans le Jura) sont les menaces principales qui pèsent sur l’oiseau. L’évolution des zones d’hivernage et des réserves de chasse seront aussi des facteurs influents. 

 

Bibliographie
Ferrand Y. (1993) - A census method for roding Eurasian woodcock in France. In Proc. 8th Am. Woodcock Symp. Biol. Report, 16 : 19-25.
Ferrand Y. & F. Gossmann (2000) - La bécasse des bois in Enquête nationale sur les tableaux de chasse à tir. Saison 1998-1999. Faune Sauvage, n° 251 

 

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La bécassine des marais
(Gallinago gallinago)

et autres bécassines

Ordre :  Charadriiformes 
Famille :  Scolopacidés
  
Statut, répartition
Espèce chassable.
La bécassine des marais est un oiseau migrateur. En France les effectifs reproducteurs sont évalués à environ 200 à 300 couples dont plusieurs dizaines se reproduisent sur le Bassin du Drugeon dans le département du Doubs. Elle n’est pas connue pour nicher dans le Jura, à l’exception de quelques cas possibles mais rares et sporadiques.
Une autre espèce, la bécassine sourde, se rencontre également fréquemment en automne et en hiver. En revanche, l'observation de la bécassine double reste exceptionnelle, elle est protégée.

 

Abondance, évolution
Au XIXéme siècle Ogérien écrivait au sujet de la bécassine des marais : « Quelques couples nous restent en été et nichent à terre dans les tourbières de nos hautes montagnes : Grand Essart, Grandvaux, etc ». Cet état relativement imprécis ne permet pas de déceler un éventuel changement local dans le statut de l’espèce.
 Selon les auteurs, le statut de conservation de la Bécassine des marais en Europe est considéré comme stable ou comme défavorable en raison d’un déclin modéré récent de sa population.

 

Habitat
La bécassine des marais est présente dans les lieux humides dès la fin juillet : queues d’étangs, marais, prairies humides. Son abondance varie suivant la pluviométrie automnale. Des oiseaux peuvent séjourner jusqu’en avril chez nous sans qu’il s’agisse d’oiseaux qui restent nicher.

 

Intérêt cynégétique et Gestion
La chasse de la bécassine est plutôt l’affaire de chasseurs spécialisés, peu de chasseurs sont concernés mais il est possible que l’intérêt pour la chasse de cet oiseau grandisse dans le Jura.
Les prélèvements réalisés au cours de la saison de chasse 1998/99, estimés par sondage, seraient compris entre 2 et 300 oiseaux, mais ce résultat est à prendre avec précaution, l’intervalle de confiance étant supérieur ou égal à 50 %.
Depuis 1999, les prélèvements de bécassines sont déclarés par les détenteurs de droit de chasse à la DDAF, et on enregistre depuis une augmentation du nombre d’oiseaux déclarés prélevés. Il est possible que cette augmentation résulte tout simplement de ce changement intervenu récemment. D’autres causes peuvent exister mais sans que l’on puisse les identifier : modification dans les prélèvements, plus forte abondance de l’oiseau, pression de chasse supérieure…
La part des bécassines sourdes dans ces prélèvements est estimée entre 15 et 20 %.

Le maintien des effectifs migrateurs ou nidifiant passe par la conservation des zones humides et par la restauration de celles qui ont été asséchées quand cela est possible. Le maintien des prairies humides est un objectif à développer et à atteindre dans le cadre de la politique agricole.

Quant aux prélèvements, ils doivent aussi être rationalisés, les réserves de chasse et de faune sauvage contribuent à la protection de cette espèce et les aménagements en faveur des bécassines doivent être accompagnés de mesures de limitation des prélèvements de type PMA.

Tableau de chasse « bécassines (sp. »), d’après les déclarations annuelles des détenteurs de   droit de chasse.

 

Problèmes et menaces pour l’espèce, enjeux
L’impact par la chasse n’est pas complètement évalué et de grandes incertitudes demeurent quant à l’évaluation de ses effectifs reproducteurs en Europe.
La conservation des zones humides et notamment sur son aire de reproduction apparaît comme l’enjeu majeur.
Une amélioration de nos connaissances sur l’état de conservation des populations de bécassines des marais est nécessaire. Plusieurs programmes d’études français sont maintenant engagés, ils associent aussi des Pays d’Europe Centrale et de l’Est sans lesquels une gestion des populations de bécassines n’aurait pas de sens.

 

Bibliographie
Deceuninck et Maheo, (1998). Evaluation de la population française de bécassine de marais.
Joveniaux A. (1993) - Atlas des oiseaux nicheurs du Jura, groupe ornithologique du Jura.
Ogérien (1863) - Histoire Naturelle du Jura et des départements voisins.
Tesson et Leray ONCFS - Faune Sauvage, n° 251 (2000) - Enquête nationale sur les tableaux de chasse à tir saison 1998-1999.

 

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Le pigeon ramier
(Columba palumbus)
et autres Columbidae

Ordre :  Columbiformes
Famille : Columbidés

 

Statut, répartition

Les Columbidae sont des espèces chassables.

Le pigeon ramier est commun dans notre département, il paraît cependant plus abondant en plaine qu’en montagne.
Ce constat est identique pour la tourterelle turque mais plus encore pour la tourterelle des bois.
Le pigeon colombin qui présente la particularité de nicher dans des cavités est lui beaucoup plus rare.
 

Abondance, évolution

Les colombidés sont suivis dans le cadre du Réseau ONCFS/FNC « oiseaux de passage ». Au niveau national, le pigeon ramier et la tourterelle turque sont deux espèces dont les effectifs progressent, la tourterelle des bois est stable.

Les chiffres obtenus dans le Jura par ce même réseau ne montrent pas d’évolution aussi nette (voir graphique ci-contre). 

 

Habitat
Le pigeon ramier est présent dans la plupart des milieux boisés mais affectionne le bocage et les paysages ouverts entrecoupés de bosquets. Il ne niche pas chez nous dans les parcs et jardins de nos villages contrairement à ce que l’on rencontre dans d’autres régions françaises.
La distribution du pigeon colombin dépend de la disponibilité du milieu en cavités.
La tourterelle des bois est discrète, elle fréquente les taillis et bois fourrés.
La tourterelle turque ne niche que dans les zones urbanisées, villes et villages.

 

Intérêt cynégétique
Le pigeon ramier occupe une place importante dans le tableau de chasse à tir du petit gibier sur le département. Surtout à partir du 11 octobre, date moyenne à laquelle débute la migration des « longs migrants » en direction des Pyrénées et de l’Espagne. Mais depuis quelques années les chasseurs s’intéressent aussi aux oiseaux sédentaires qui sont de plus en plus nombreux. Quelques bandes de ramier hivernent maintenant chez nous, en Bresse mais aussi plus rarement sur le Premier plateau.
Les statistiques de chasse donnent un prélèvement qui serait de l’ordre de 10 000 oiseaux par saison de chasse (14 400 +/- 20 % en 98/99 d’après l’enquête nationale sur les prélèvements).

 
Problèmes et menaces pour l’espèce, enjeux
A l’échelle de l’espèce, le maintien des prélèvements et l’augmentation de la densité de couples nicheurs sur l’ensemble du territoire national permettent de considérer le pigeon ramier comme une espèce en bon état de conservation (Boutin, ONCFS). Ce constat doit cependant être nuancé si l’on considère le déclin confirmé des palombes migratrices. L’espèce pâtit également, dans le nord de la France, des semences de pois traitées et on a pu constater les effets négatifs de politiques de remembrement sur les densités de nicheurs.
 Nous devons mieux connaître nos prélèvements, connaître précisément sur quelle population nous intervenons et surveiller son état d’abondance. Enfin il est impératif de porter une attention accrue à la gestion des territoires afin de conserver des habitats favorables à la reproduction et maintenir le potentiel d’accueil des territoires pour les populations migratrices. Un important programme de baguage est actuellement engagé en France afin d’étudier les paramètres de la dynamique des populations de pigeons ramiers.

 

Bibliographie
ONCFS (2000). Enquête nationale sur les tableaux de chasse, saison 1998/99.
ONCFS, H. Lormé, J.M. Boutin, J. Aubineau. - Articles tirés des revues « faune sauvage » n° 251 et 258

 

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L’alouette des champs
(Alauda arvensis)

Ordre :  Passériformes
Famille :  Alaudidés

 

Statut, répartition

Espèce chassable

L’Alouette des champs occupe tous les « milieux ouverts favorables, de la plaine du Doubs aux plateaux des Moussières et des Molunes » sur l’ensemble du département mais elle est plus abondante en plaine qu’en montagne

Une seconde espèce d’alouette se rencontre chez nous : l’Alouette lulu, c’est « un oiseau typique des coteaux du Revermont et de la Petite Montagne », l’Alouette lulu est protégée.
 

Abondance, évolution
Dans le Jura, au 19ème siècle, Ogérien (1863) la qualifie de « très abondante ». 

Le Réseau national « Oiseau de passage » qui permet de préciser la tendance évolutive de certaines espèces, enregistre sur la période 1994–2004 une régression de l’alouette des champs. A l’échelle de la France, cette espèce est en déclin depuis les années 1970 (JL Tesson, D Roux ONCFS 2005).
Les résultats enregistrés dans le Jura semblent montrer une évolution semblable.

 

Habitat
L’Alouette des champs se rencontre dans les prairies, pâturages et cultures en densité variable.
 
Intérêt cynégétique et Gestion
« Très abondante et très grasse à l’automne, elle fournit alors nos tables d’un mets recherché, et nous restitue en viande le grain qu’elle nous a dérobé »-Ogérien 1863. Actuellement l’Alouette n’est pas particulièrement recherchée par le chasseur jurassien. Quelques unes peuvent être prélevées occasionnellement mais si le tableau de chasse départemental n’est pas connu, il ne dépasse pas quelques centaines d’individus. L’enquête statistique de la saison de chasse 1998/99 évalue à 200 oiseaux les prélèvements.
Une meilleure connaissance des prélèvements pourrait être obtenue par la mise en œuvre d’un carnet de prélèvement obligatoire et contribuerait à la gestion de l’espèce.

 

Problèmes et menaces pour l’espèce, enjeux
Tout ce qui modifie la nature des milieux ouverts porte atteint à l’alouette des champs : fermeture et abandon des milieux ouverts, développement de la monoculture, diminution des céréales de printemps au profit des céréales d’hiver, l’utilisation accrue des produits phytosanitaires et l’agrandissement des parcelles sont autant de facteurs défavorables.

 

Les partenariats existants
Participation au réseau ONCFS/FNC « oiseau de passage ».

 

Bibliographie
Joveniaux  A. (1993). Atlas des oiseaux nicheurs du Jura, groupe ornithologique du Jura.
Ogérien (1863). Histoire Naturelle du Jura et des départements voisins
ONCFS, Tesson JL et Roux D. (2005) Résultats Réseau national « oiseau de passage ».

 

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Les turdidés
(Turdus philomelos, Turdus viscivorus,
Turdus pilaris, Turdus merula)

Ordre :  Passériformes
Famille :  Turdidés

 

Statut, répartition

Espèces chassables, excepté le merle à plastron qui est protégé.
Dans le Jura 3 espèces de grives se reproduisent : les grives « draine », « musicienne » et « litorne », elles se rencontrent sur l’ensemble du département. Une 4ème, la « grive mauvis » est seulement hivernante. Le merle à plastron est lui aussi présent mais en altitude seulement, le merle noir est l’une des espèces les plus communes. La grive draine se rencontre très régulièrement sur les Plateaux et les Crêts du département,  en plaine, sa présence est plus diffuse. La grive musicienne a une répartition plus homogène, quant au merle noir il s’accommode de tous les habitats et jusqu’en ville.
La Litorne est plus localisée, elle ne fréquente pas les grands massifs forestiers compacts.   
 
Abondance, évolution

La FDC participe au « suivi des populations nicheuses des oiseaux de passage » (réseau ONCFS/FNC). Le graphique ci-joint présente l’évolution de l’abondance de ces espèces. L’Indice correspond au nombre moyen de mâles chanteurs entendu par point d’écoute (50 dans le département).

 

Habitat
Grive musicienne : bois (surtout les taillis), parcs, haies et jardins. Elle ne fréquente pratiquement pas la campagne cultivée dépourvue d’arbustes ou de haies. Elle préfère un sol frais, voire légèrement humide.
Grive draine : rencontrée en lisière et dans les clairières des forêts de feuillus et de conifères, entre 500 et 2000 m d’altitude. Elle a besoin d’un espace ouvert pour se nourrir (prairies ou pâturage).
Grive litorne : apprécie les terrains découverts, surtout les prairies. Elle ne dédaigne pas les haies, les bosquets et les massifs forestiers ; elle préfère également les sols humides.
Merle noir : Forêts de feuillus et de conifères, bocage, parcs et jardins. Il préfère les sols riches et frais, et les milieux ombragés.

 

Intérêt cynégétique
Les prélèvements jurassiens sur les grives et le merle noir tendent à diminuer lors des dernières années. Ces données doivent toutefois être utilisées avec prudence car de nombreux facteurs entrent en jeux : évolution de la pression de chasse et du nombre de chasseurs, modifications réglementaires, changements de pratiques, conditions climatiques de l’année (importantes pour les migrateurs)…
L’enquête FDC réalisée pour les besoins du SDGC révèlerait que seulement 11 % des chasseurs jurassiens chasseraient régulièrement ces oiseaux.
 

Problèmes et menace pour l’espèce, enjeux
La dégradation des habitats et notamment la destruction des paysages bocagers est un facteur négatif qui peut entraîner une diminution de la capacité d’accueil des territoires.

 

Partenariat
La FDC collabore au réseau national ONCFS/FNC « oiseaux de passage ».

 

Bibliographie
Joveniaux A. (1993) – Atlas des oiseaux nicheurs du Jura
ONCFS/FNC (2004). Suivi des populations nicheuses des Alaudidés, Colombidés, Turdidés.

 

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